Vos amitiés vous trahissent

En furetant sur les réseaux sociaux (Facebook, YouTube, Tweeter, etc.), les fouineurs savent pertinemment avec qui vous êtes « ami », de qui vous êtes curieux de l’actualité et vos sujets d’intérêt. Si vous suivez ou pire si vous copinez avec Alain Soral, Dieudonné ou Tariq Ramadan, et pas avec Manuel Valls, Marine le Pen ou Fadéla Ahmara, (désolé pour ceux qui seront frustrés de n’être pas cités), c’est explicite. Vous devez être conscient avant de mettre un « like » ou de retweeter une publication attentatoire (aux lois en vigueurs, aux bagatelles de la nation, aux bonnes mœurs, à la dignité, à la vie privée, etc.) que ce n’est anodin que pour vous. Quand bien même, selon une récente jurisprudence, les tribunaux ont absout de complicité les amitiés virtuelles, ces dernières alimenteront les présomptions de culpabilité des enquêteurs médiocres en mal de résultats. Vous croyez qu’on va vous ménager et vous trouver des circonstances atténuantes si, par inadvertance ou par provocation, vous avez exprimé une amitié virtuelle avec un fiché « S », un islamiste sulfureux, un identitaire virulent ou un fêlé qui s’est subitement métamorphosé en terroriste amateur ? Essayez un peu – en fait, ça veut dire n’essayez surtout pas – de consulter sur Google un site estampillé « djihadiste » ou de faire une recherche du type « les explosifs pour les nuls », même par simple curiosité, et vous verrez si vous n’allez pas goûter à ces portions de BRI[1] qui débarqueront chez vous derechef et manu militari sans carton d’invitation. Je leur dit profondément bonjour en passant car, rien que pour me punir d’évoquer ces sujets sensibles, ma fiche pourrait bien être upgradée en « S » majuscule ou en « SS » pendant qu’ils y sont, qui sait. Et attention, je n’ai pas dit que ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine ou la légion d’honneur, de son vivant ou à titre posthume. Ceux qui ont des activités « border line », en clair qui dérangent, ont le profil idéal pour devenir des boucs émissaires à la veille de l’Aïd-al-Kébir (la fête du sacrifice). Pour être précis, les coups de filets périodiques dans les milieux islamistes ou salafistes, arrangent la politique de ceux dont les politiques ont lamentablement échoué. Alors, un conseil aux détenteurs de « vitrines » sur les réseaux sociaux : à moins que ce que vous partagez soit pertinent et utile (ce qui est rarissime), faites en sorte de privatiser vos délires ou de les réserver aux intimes de confiance (et encore, car les meilleurs amis d’aujourd’hui deviennent parfois les meilleurs ennemis de demain). Vous éviterez ainsi que des données compromettantes soient utilisées contre vous dans la vraie vie et vous causent des torts irréparables. Il faut convenir qu’en réaction aux injustices, c’est bien souvent plus l’arrogance et l’ostentation que la piété et le désir de bien faire qui motivent les fanfaronnades de ceux qui se prennent pour des moudjahidines. En conséquence, ceux qui incitent à la bravade et à la provocation au lieu de privilégier la discussion et la négociation ne s’étonneront pas de se faire épingler et, surtout s’ils sont récidivistes ou n’ont pas le « cul propre », que leurs coreligionnaires se désintéressent de leur sort. Pour susciter l’adhésion ou l’empathie, il ne suffit pas de brandir occasionnellement le pavillon d’une cause juste. Encore faut-il être irréprochable, ce qui exclut de s’être fourvoyé dans des affaires équivoques ou acoquiné avec ces escrocs qui falsifient l’Islam comme d’autres contrefont la monnaie. En conséquence, au lieu de vous éreinter à transférer des niaiseries, des infamies ou des pleurnicheries à vos contacts Internet, lesquelles trahissent vos propensions, soyez créatifs et faites plutôt profiter la blogosphère de vos aptitudes et de vos astuces dans n’importe quel domaine, y compris en cuisine, en couture ou en bricolage. Les esprits mal tournés y verront peut-être des sous-entendus, grand bien leur fasse ! Participez à l’économie en créant des entreprises islamo-compatibles, embauchez des musulmans rigoristes et des musulmanes voilées, développez la production et la distribution du véritable Halal tout en privilégiant la qualité et pas seulement la rentabilité, participez aux opérations caritatives et humanitaires. Les mauvaises langues opposeront que ça aussi c’est de la provocation. Peu importe, puisque ce ne sont pas vos amis ! Daniel-Youssof Leclercq [1] BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention) ou Brie (fromage de), pour expliquer le jeu de mots à ceux qui ont le cerveau fatigué.

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