Syrie : Le coup de gueule d’un humanitaire

Un chirurgien français dénonce la « tendance risque zéro » des grandes ONG. Jacques Bérès, qui est rentré vendredi soir de Homs, explique que les grandes organisations humanitaires refusent désormais d’envoyer des expatriés.

«La difficulté, ça a été de me faire mandater par une ONG », déplore le chirurgien humanitaire Jacques Bérès, qui évoque « une tendance risque zéro qui fait que c’est presque inenvisageable maintenant pour les ONG comme ça d’envoyer un expatrié ». Cofondateur de Médecins sans Frontières, il critique la légalité excessive respectée par les ONG qui complique l’action humanitaire dans les conflits : « Les passages clandestins aux frontières, ce n’est plus du tout à l’ordre du jour chez les grandes ONG ».

Risque d’embolie
Entouré par les présidents de France-Syrie démocratie et de l’Union des associations musulmanes de Seine-saint-Denis (UAM 93), les deux associations qui l’ont missionné à Homs, le chirurgien est revenu sur les difficultés d’opérer dans cette « ville martyre » où l’accès est difficile. « Je voudrais beaucoup y retourner », souhaite-t-il toutefois.

Concernant la journaliste Édith Bouvier, sa blessure appelle « une urgence vitale, c’est quelque chose d’extrêmement grave qu’il faut traiter de façon urgente », a-t-il déclaré. « Une fracture du fémur ça fait très mal, c’est dangereux parce que c’est difficile d’immobiliser un fémur, même en France, dans un pays super-organisé, un plâtre du fémur » nécessite une opération délicate, a-t-il dit. « Il paraît que Sarkozy a dit qu’il y a une amorce de solution, comme il a invité Bachar al-Assad au défilé du 14 juillet, ça va s’arranger », a-t-il ironisé.

Le chirurgien craint aussi « un risque d’embolie graisseuse parce que la moelle osseuse qui gonfle peut entraîner une mort foudroyante ».

Ismaël Hachem, président de France Syrie démocratie « ne comprend pas qu’on n’arrive pas à faire parvenir de l’aide sur place, à évacuer les blessés ». Pour lui, « la solution par excellence, c’est de créer une zone sécurisée vers la frontière turque » qui serait interdite à l’armée syrienne.

Source : Bien public

 

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