Ali Soumaré : cachez moi ce « black » que je ne saurai voir, même au nom de la diversité…

Qui dit mieux ? La liste socialiste a recueilli 69 % des voix dans le bureau de vote numéro 9 de Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise. Le bureau numéro 9 est celui où vote Ali Soumaré, tête de liste du PS dans le département. Dans sa ville, les socialistes ont remporté 47,77 % des suffrages – presque 10 points de plus qu’au premier tour des régionales de 2004. Ali Soumaré a finalement profité de la publicité négative de ses adversaires UMP. Ils l’avaient comparé à « un joueur de l’équipe réserve du PSG ». L’avaient qualifié, à trois semaines du premier tour, de « multirécidiviste chevronné » ? Patatras… Alors que le PS et l’UMP étaient au coude à coude dans les pronostics, les socialistes (27,15 % des suffrages) devancent l’UMP (25,47 %) dans le département.

Comme le dit son petit frère, « au final, ce qui ne tue pas rend plus fort ». Ce dimanche 14 mars en fin de soirée, Diadié Soumaré est venu faire un tour au quartier général de Jean-Paul Huchon, rue Falguière, dans le 15e arrondissement de Paris. Ambiance « dance music », dans un « show room » sans âme. Au rez-de-chaussée, les militants tournent en rond, font semblant de se demander : « Les négos, ça commence demain ? », ou rient du malheur des leurs (« T’as vu Mandroux ? Elle a fait 6 % ! »), pendant que les têtes d’affiches se sont enfermés au premier étage, loin des journalistes. Ali Soumaré aurait pu être le héros de la fête, mais il n’y a pas de fête. Un peu plus tôt, à Villiers-le-Bel, les bravos, les « A-li ! A-li ! A-li ! », les applaudissements, ont accompagné l’annonce des résultats à la mairie. Il y avait là tous ceux qui, la veille encore, faisaient du porte-à-porte, distribuaient des ballons, dans ces quartiers jusque-là déserts de l’engagement. A Paris, changement de décor, comme si l’on cachait ce novice en politique de peur qu’il ne sache pas se tenir. Des campagnes, Ali Soumaré, 29 ans, en a fait beaucoup.

Mais jamais en son nom. Alors, lorsqu’enfin il s’approche du pupitre, face à la marée de caméras, l’attachée de presse du président du conseil régional le rejoint, parlemente à voix basse, puis un autre « communicant » le prend par l’épaule et l’éloigne.

Il ne parlera que dans la cohue, sans retransmission de son dans la salle. « C’est moins solennel, il préfère », nous explique le « communicant », et, d’ailleurs, « le micro ne marchait pas »…

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Source : France Multiculturelle

 

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