Patrick Karam et ses réseaux de la “diversité” prennent partie pour Fillon

Dans l’âpre bataille pour la présidence de l’UMP qui l’oppose à Jean-François Copé, François Fillon peut aujourd’hui compter sur un nouveau soutien. Celui-ci n’est guère de premier rang mais il a la valeur du symbole. C’est celui de Patrick Karam, l’ancien délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre-mer (2007-2011). Celui qui, pendant la campagne présidentielle, avait été chargé de la tâche particulière de capter le vote de la “diversité” pour le compte de Nicolas Sarkozy.

Pendant plusieurs mois, M. Karam avait savamment tenté d’organiser une pêche au voix des électeurs issus de l’immigration. Vaille que vaille, malgré l’option très droitière choisie par l’ancien président de la République, il avait arpenté les mosquées, approché les leaders des réseaux associatifs… En avril, il se prévalait même d’une “quarantaine” de comités de soutien à travers la France.

Mais ce que M. Karam et les membres de ses défunts comités avaient accepté d’endosser pour les causes de la campagne présidentielle, ils disent ne le plus tolérer pour la campagne interne de leur parti. Les récentes sorties de M. Copé sur le “racisme anti-Blancs” et le “pain au chocolat” ont été les “petites phrases” de trop, clame M. Karam. Leur bulletin ira donc à M. Fillon, a-t-il été décidé lors d’une réunion, le 9 octobre.

Aujourd’hui, M. Karam – inspecteur général de la jeunesse et des sports dans la vie civile – ne tarit pas de critiques à l’encontre de M. Copé :”Mortifère pour la droite“, “il stigmatise l’UMP“, le “ridiculise”… “Le racisme anti-Blancs existe, mais est-ce le seul ?”, illustre-t-il. L’ampleur des réseaux que M. Karam avait réussi à fédérer est difficile à évaluer, mais lui va jusqu’à brandir la menace de son départ :”Si c’est Copé, je partirai !” Sûrement chez les centristes.

“ON N’EST PLUS AU XIXE SIÈCLE”

M. Karam s’emporte aussi contre la vision de la France défendue par l’actuel secrétaire général de l’UMP : “C’est comme s’il ne s’était pas aperçu qu’elle s’était métissée.” ” On n’est plus au XIXe siècle (…). Dans vingt ans, je suis sûr qu’il n’y aura plus une seule famille sans cousin, alliance ou beau-frère avec au moins une ascendance issue de l’immigration”, dit-il.

A l’inverse, l’ancien premier ministre trouve toutes les grâces aux yeux de M. Karam. “C’est l’homme le plus crédible“, “le plus populaire“….”Pourquoi s’en priver ?“, défend-il. M. Fillon tient en outre “un discours républicain depuis longtemps”, argue-t-il. M Karam a même pardonné ce désagréable moment de la campagne présidentielle où, après avoir été appelé à la rescousse pour les comités de soutien, il lui a finalement été gentiment demandé, face à la hausse sondagière du Front national, de “rester discret” et de “ne pas se mêler des législatives“.

Source : Elise Vincent – Le Monde

 

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