| Polémique dans les "Quicks" halal |
| Écrit par Administrator | |||
| Vendredi, 19 Février 2010 01:53 | |||
![]() C'est peu de dire que le sujet fait polémique. Averti par des consommateurs mécontents, le maire de Roubaix menace de prendre un arrêté contre Quick et de saisir la Halde si le bacon ne fait pas son retour dans le fast food. Le restaurant teste le tout halal dans sa ville. Marine Le Pen, en campagne pour les régionales dans le Nord-Pas-de-Calais, est allée plus loin en jugeant « inadmissible » non pas l'absence de porc dans ces restaurants, mais le fait que « ceux qui ne veulent pas manger halal n'auront même pas le choix. » Sur le plan marketing, Quick adopte une stratégie différenciée Contrairement à son concurrent Kentucky Fried Chicken (KFC) qui fait officiellement -mais discrètement- du « tout halal » (c'est-à-dire respectant le rite musulman de l'abattage et l'interdiction du porc) dans tous ses restaurants, Quick a décidé de dédier certaines de ses enseignes à des menus conformes aux demandes de sa clientèle musulmane, nombreuse et lassée d'être cantonnée aux menus « fish » (poisson). Logiquement, les huit restaurants (sur plus de 350 en France) qui servent du halal, depuis fin novembre et pour six mois, sont installés dans des quartiers à forte proportion musulmane. Quick parie qu'en satisfaisant cette clientèle-là, elle gagnera plus de clients qu'elle n'en perdra. Et ça semble marcher : comme témoigne une caissière à Marseille, « c'est de la folie ». Aurait-il fallu conserver des menus au porc dans les restaurants dits halal ? Difficile. Car ainsi que le fait remarquer Hadjabelaziz Di Spigno, président de l'ASIDCOM, association de consommateurs musulmans, « Dans la restauration rapide, vu les conditions de travail des salariés et les erreurs possibles, il est normal de séparer le cochon et le reste ». Donc, pour crédibiliser son offre vis à vis des musulmans, c'est en effet logique d'exclure le porc des restaurants. Sauf à faire deux cuisines, ce qui ne serait pas rentable.
Même si la dinde n'avait pas remplacé le porc dans les burgers, cela n'aurait pas empêché Marine Le Pen d'être dérangée. Elle lançait dimanche sur Canal + : « Est-il normal que tous les gens qui viennent au Quick soient obligés, par l'intermédiaire de cette viande halal, de payer une taxe aux organismes islamiques de certification ? » Sur le plan religieux, une discrimination ? Certains clients, comme Olivier à Garges-les-Gonesse, se disent agacés : « J'avais vu la pub sur le Strong bacon, et dépité j'ai dû prendre un autre sandwich. Je croyais être dans un pays laïc, je n'ai rien contre le fait qu'ils servent du halal mais qu'ils servent la même chose que dans les autres restaurants. »
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