La mise en échec systématique des projets d’institut sur l’Islam
Écrit par Ilyess   
Jeudi, 14 Octobre 2010 00:58

La mise en échec systématique des projets d’institut sur l’Islam. Sabotages officiels et complicités des « grands caïds ».

En essayant d’expliquer l’étrange refus de Jospin de le recevoir en 1992 pour entériner le projet du « Centre National d’Etudes de l’Islam » accepté par l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, Arkoun a parlé de « mépris » (interview dans le Figaro par V. Duponchelle). On sait maintenant que ce refus du théoricien du « droit d’inventaire » n’était pas sans rapport avec la création à Paris VIII d’un institut sur le Maghreb. Le ministre avait favorisé cette création malgré la préférence officielle pour la recherche sur les pays de l’Est aux dépens des études sur le monde arabe.

Cet institut inscrivait la recherche sur l’Islam parmi ses principaux objectifs. C’est ce qui a permis d’arguer que le projet de 1992 risquait de faire double emploi. En fait l’idée de cet établissement a été empruntée à Arkoun qui, dans une interview accordée au Monde en mars 1989 avait demandé l’ouverture d’un « espace d’expression intellectuelle et scientifique de l’Islam » garanti par l’Etat laïque. L’encouragement ministériel de ce singulier plagiat avait une origine éminemment politique. Le promoteur de cet institut avait en effet joué un rôle actif dans le ralliement au sous-courant Jospin (alors mis à mal par celui de Fabius) de 400 trotskystes qui trahirent Lambert pour pouvoir bénéficier des avantages de la gauche caviar. Un apport si important justifie une demande de réciprocité dont la satisfaction relègue au second plan les critères scientifiques. Dans un tel contexte, les qualités intellectuelles d’Arkoun deviennent insignifiantes aux yeux des politiques qui, après avoir nié le fait musulman en France, commencent à se rendre à l’évidence, mais pour ne s’intéresser qu’au seul « vote musulman ». Un musulman n’est intéressant à leurs yeux que s’il est utile aux élections. « Combien de milliers de voix peut-il rapporter aux élections ? » , a dû interroger Jospin au sujet d’Arkoun. Malgré son passé trotskyste, Jospin réagissait comme Staline à Yalta : « le Pape? combien de divisions blindées ? »

On a pu être fixé par la suite sur la réalité des relations de cet « éléphant » avec les Français d’origine maghrébine quand, en réponse à une question sur la nomination de Tokia Saïfi par Chirac, il a finement répondu : « J’ai pensé à nommer au gouvernement des français d’origine maghrébine, mais je n’ai pas trouvé des personnes compétentes » (sic). Cela a dû aller droit au cœur des nombreux lambertistes d’origine maghrébines qui sont devenus « jospinistes » à la demande de Mitterrand en personne, avec lequel fut négocié ce ralliement.

L’institut de Paris VIII (dont l’échec est unanimement reconnu) n’est pas le seul à avoir servi de prétexte au rejet des projets présentés inlassablement par Arkoun. Un conseiller aux Cultes au ministère de l’Intérieur citait, comme s’il s’agissait d’une découverte, les 48 Instituts d’études arabes des universités, avec l’air de dire qu’on n’a pas besoin d’un établissement supplémentaire. Ce conseiller, qui n’avait que le mot laïcité à la bouche, ne s’est guère avisé que dans ces instituts on ignorait superbement les chicayas laïcistes sur l’Islam en continuant d’enseigner que cette religion ne saurait séparer le politique et le religieux ! A l’Intérieur, on citait également comme une insigne faveur l’autorisation accordée à l’UOIF d’ouvrir son centre d’endoctrinement de Château-Chinon, où le dossier d’inscription devait comporter une recommandation d’un dirigeant du « mouvement islamique » (autrement dit des Frères Musulmans). En permettant l’ouverture de ce haut lieu du dogmatisme, du littéralisme et du ritualisme (où enseignants et élèves réfractaires à tout esprit critique ont tendance à excommunier avec une remarquable facilité des penseurs libres comme Arkoun), les socialistes qui s’occupaient des musulmans pratiquants (qui échappaient au contrôle de SOS-Racisme) entendaient récompenser le zèle de l’UOIF en faveur de la « logique de guerre » contre l’Irak, en espérant un « retour d’épices » au moment des élections que le PS n’était plus sûr de gagner. C’était le début d’une fâcheuse et durable confusion entre l’affluence à l’exposition commercialo-religieuse de l’UOIF au Bourget et son influence électorale. Les dirigeants de l’UOIF répétaient à leurs interlocuteurs ministériels qu’ils ne demandent rien à l’Etat, pourvu qu’on ne leur mette pas les bâtons dans les roues. Les « organisateurs » successifs de l’Islam ont fait la promotion de l’UOIF, malgré la méfiance qu’elle inspire, parce qu’ils la préfèrent à ceux qui demandent l’égalité, notamment en matière de financements publics des établissements « à caractère propre ».

L’invocation des « instituts » de Paris VIII et de Château-Chinon dissimulait ce qu’on n’a su que récemment à la lecture des procès-verbaux d’entretien du ministre : le premier sabotage du projet d’ « espace d’expression intellectuelle et scientifique de l’Islam »  par l’Intérieur a eu lieu quand le ministre a pris au sérieux les mises en garde du doyen de la faculté de théologie protestante (dont « l’amitié » pour Arkoun était aussi suspecte que celle d’un arabisant dont la réaction à l’interview au Monde revenait à le sommer de « rentrer dans son douar ») sur le risque de contrôle d’un éventuel établissement musulman par des fondamentalistes auxquels Arkoun était jugé incapable de résister ! Cet argument a convaincu le ministre qui s’est empressé de rassurer à Strasbourg les hiérarchies des autres religions en déclarant que le concordat-« ce résidu de l’histoire »- ne saurait être appliqué aux musulmans. Lors de cette visite en zone concordataire, les musulmans ne furent pas admis à rencontrer le ministre. Mais son conseiller aux cultes daigna recevoir les représentants d’une petite association turque. Interrogé après son départ du ministère, ce conseiller, qui concevait l’islam comme une pièce maîtresse dans la gestion de sa carrière individuelle, m’a expliqué que l’Intérieur n’avait rien contre un institut, mais « partout ailleurs sauf à Strasbourg ». « Nous avons transmis le dossier à l’Education nationale », expliqua-t-il. Mais quand je l’ai interrogé sur la réponse des services de la rue de Grenelle, il a eu, après un long silence, cette stupéfiante réponse : « Juste avant notre départ en mars 1993, je me suis aperçu que la lettre n’a pas été envoyée au ministère de l’Education »(sic).

La création, la même année, de l’IHESI (Institut des Hautes Etudes sur la Sécurité Intérieure) a montré que la médiatisation du CORIF ne changeait absolument rien à la politique du tout-sécuritaire, dont la maintenance avait besoin d’une islamologie « politisée » qui ne s’égare pas dans les vaines abstractions d’un « espace d’expression intellectuelle et scientifique de l’Islam ».

Quand Chevènement a associé Arkoun au projet d’Ecole des Hautes Etudes Islamiques, l’UOIF, dont le centre de la Nièvre servit de prétexte au refus de 1991, s’est opposée de façon plus active. Son nouveau secrétaire général se croyait encouragé par la préférence officielle pour les Frères Musulmans capables de se faire financer en Orient et ne demandant rien à l’Etat- aux dépens des Français musulmans susceptibles de revendiquer un financement public pour l’enseignement libre musulman. Il était également grisé par le discret soutien d’un des conseillers de l’Intérieur sur l’Islam, qui le prenait pour un proche parent de M’hamedi Alaoui, que ce futur député socialiste avait rencontré dans l’entourage d’Oufkir, quand il était coopérant au Maroc. Le nouvel homme fort de l’UOIF était conseillé par une politiste islamisante d’Aix, qui voulait se démarquer ostensiblement de la sociologie politique de l’islamisme radical qui se spécialisait dans la rentabilisation de la peur pour obtenir des crédits, comme certains politiques le feront sur une grande échelle à des fins électorales. Cette admiratrice de T. Ramadan (que d’autres politistes qualifiaient de « néo-fondamentaliste », après avoir essayé d’en faire un « informateur indigène ») a été aussi, pour un temps, une sympathisante de l’UOIF. Cette sympathie éphémère a convaincu l’UOIF de signer un communiqué inspiré par la jeune doctorante et déniant le droit au ministre de se mêler de l’enseignement de l’Islam. Dans le climat de suspicion généralisée consécutif au 11 septembre 2001, cette disciple du regretté B. Etienne a changé de fréquentation pour se lancer dans la recherche des « salafistes »... Pour essayer de dissiper les soupçons, T. Ramadan et les porte-parole de l’UOIF ont cru devoir se lancer à leur tour dans la dénonciation du « Salafisme », pour essayer de faire oublier les soupçons de « fondamentalisme BCBG » !

Béchari a participé également au sabotage des projets d’Arkoun. Il a eu recours aux petites manipulations dans lesquelles il excellera quand l’ambassade du Maroc le recommandera à l’Intérieur. La légèreté de l’inamovible président de la FNMF avait dissuadé le ministre seoudien des affaires religieuses Abdallah Turki de le placer à la tête de la mosquée d’Evry en 1996. Mais le voyage à Ryiad l’a persuadé qu’il a sa place parmi les « grands caïds » de l’Islam en France. Il ne supportait pas de voir Motchane omettre de faire appel aux zaïmillons comme lui. Le proche collaborateur de Chevènement accordait alors plus d’importance au projet d’Ecole des Hautes Etudes Islamiques qu’à la légitimité « religieuse » proportionnelle à la superficie des salles de prière. On doit ce drôle de critère à Alain Billon qui a politisé et médiatisé  « l’organisation » de l’Islam après la mise en échec par Jospin, Allègre et Guigou (pour l’ambitieux projet de nomination d’aumôniers pénitentiaires compromis après les déclarations de Chevènement sur les « petits caïds ») des projets que Motchane avait conçus avec discrétion et hauteur de vue. On sait maintenant que Billon cherchait à mettre à profit ses contacts tous azimuts pour essayer de recruter des permanents du MDC. Il envisageait un conseil « représentatif » comme une « SOS-Racisme » piétiste susceptible de faciliter la pêche aux voix dans les mosquées.

Béchari rongeait son frein en n’arrêtant pas de proposer ses services électoraux au PS, tout en établissant des relations avec l’entourage de Pasqua, voire avec Le Pen lui-même. Un projet comme celui de l’EHEI n’était d’aucune utilité pour son plan de médiatisation et de gesticulations en direction des politiques, qui rapportent une crédibilité au Maroc, puis en Lybie et au Qatar. C’est pourquoi il a actionné un député socialiste du Nord à qui il a fait croire que Chevènement était en train de violer la laïcité. Connaissant les relations que Béchari entretenait encore avec M. Aubry, le brave député s’empressa d’interpeller Chevènement à une séance des questions-réponses du mercredi à l’Assemblée nationale.

Pour sa part, Dalil Boubakeur avait essayé d’utiliser Arkoun dans une vaine tentative de création d’un « conseil scientifique » de « l’Institut Pasqua » qui a été folklorisé par son préposé aux « affaires » culturelles, Hocine Raïs. Aussi vexé que Béchari par le refus de Motchane de les associer au projet d’EHEI, le « recteur » a décidé de mettre son grain de sel, avec l’espoir qu’il deviendra un grain de sable. Il a envoyé une véritable encyclique à Le Carpentier, alors directeur du Bureau Central des Cultes, pour reprocher au ministère ce qu’il considérait comme une grave atteinte à l’essence de l’Islam. En réclamant lui aussi le monopole de l’enseignement de l’Islam, Boubakeur espérait obtenir des financements publics pour la Société des Habous (ce « monstre juridique » selon Damien, le conseiller aux Cultes de Pasqua) juste pour venger la suppression en 1980 par le gouvernement Barre des subventions publiques qui étaient accordées à un institut…fictif. Hamza et Dalil Boubakeur vécurent cet épisode comme un véritable traumatisme. Et à la mosquée de Paris,  venger cet affront importe beaucoup plus que la rénovation de l’enseignement de l’Islam. C’est pourquoi le « plan Dumas » de 1992 (où la seule citation des noms de Berque, d’Arkoun et de Guellouz a braqué le nouveau recteur et son père) fut refusé par les Boubakeur qui privèrent la communauté musulmane d’un Institut qui aurait eu un budget annuel de plus de 3 millions d’euros uniquement parce que le gouvernement demandait la séparation de cet établissement de la « Société des habous ».

Il faudrait mentionner aussi l’hostilité du cardinal Lustiger à ces projets d’établissement sur l’Islam. Cette opposition était régulièrement répercutée dans le Monde (feuille laïciste, où l’on tolère néanmoins le cléricalisme dès qu’il s’agit d’Islam) par les chroniqueurs religieux (alors recrutés parmi les militants d’Action catholique) qui s’obstinaient à parler de « formation d’imams à l’université publique ». Cela a amené le plus zélé des « attachés de presse » de Lustiger à tendre la perche à un politiste islamisant inquiet pour son quasi-monopole des crédits de recherche sur l’Islam. Ce promoteur de l’islamologie sécuritaire invoqua la « neutralité axiologique » cher à Weber pour dénoncer la formation de cadres religieux à l’université. Mais la mauvaise foi du complaisant chroniqueur religieux et celle du politiste interviewé furent vite découvertes quand le préposé au courrier des lecteurs du journal du soir a vérifié qu’il n’était question, à aucun moment, de formation d’imams à l’université, ni dans les projets d’Arkoun, ni dans celui de Trocmé (qui voulait ouvrir une formation sur l’Islam à l’université de Strasbourg). C’est la découverte de cette mauvaise foi manifeste qui a amené le Monde à publier l’intégralité d’une assez longue mise au point que je lui avais adressée. Alors que l’invocation (à l’intention des lecteurs musulmans notamment) de « l’abondance des matières » était demeurée inchangée au Monde depuis la censure par Robert Gauthier des « Libres Opinions » que proposait Arkoun en 1956-57 sur le bien-fondé du combat du peuple algérien, l’inadaptation des études islamiques et la contestation du monopole que des pseudo-spécialistes  voulaient continuer à exercer sur ces questions. Dans ces écrits de jeunesse, Arkoun dénonçait Robert Montagne, à qui Massignon et Berque et Monteil reprochaient ses liens avec les polices coloniales, et auquel rendit récemment hommage un groupe de chercheurs dont l’admiration correspond sans doute à leur désir de bénéficier des avantages de la participation aux politiques sécuritaires.

Ces « Libres Opinions » censurées ne sont consultables, ni aux archives de Beuve-Méry, ni à celles de R. Gauthier lui-même. On les trouve avec un paquet de plus d’une centaine de lettres remis par le Monde à un directeur des affaires politiques au gouvernement général de l’Algérie. Ces précieux documents aidaient ce collaborateur de R. Lacoste à rédiger ses synthèses périodiques sur « l’état d’esprit » des jeunes Algériens en France, dont les familles étaient parfois inquiétées par les paras, en raison des contenus de leurs articles. La guerre d’Algérie a perverti l’institution judiciaire comme l’a montré S. Thénaut dans « drôle de justice ». Les échanges de bons procédés de certains journalistes du Monde (dont le moralisme pharisien exaspère jusqu’à nos jours) avec la police d’Alger permettent de parler d’un « drôle de journalisme ».

Après la mise en échec par Jospin et Allègre de l’EHEI, Boubakeur, Alaoui et Béchari ont été érigés interlocuteurs de Chevènement, qui aurait sans doute reproché plus vigoureusement à ses collègues leurs pratiques peu républicaines (corporatisme, copinage,…) s’il s’était agi de son ami Sami Naïr.

La participation de ces « grands caïds » à ce sabotage a été récompensée par leur cooptation comme président et vice-présidents du CFCM. Quand ils ouvrirent le dossier de la formation des imams, le Monde a participé à une des grandes mystifications qui a aggravé la confusion entretenue régulièrement sur l’Islam en France. Le journal du soir a consacré une demi-page à la participation d’un membre du Bureau central des cultes à une réunion informelle sur la formation d’imams tenue à l’IIIT de Saint-Ouen. En réaction à l’alliance éphémère entre l’UOIF et la mosquée de Paris (qui cherchaient à faire financer leurs « instituts » respectifs), Béchari, qui avait fait de sérieux progrès en matière d’intrigues, s’est rapproché du « directeur » de l’IIIT (qui était alors inconnu). L’article du Monde a permis à ce dernier de faire croire pendant des années qu’il était chargé par le gouvernement de « former des imams français ». Ce nouveau venu dans le paysage islamique de France a fait un bout de chemin avec Béchari quand celui-ci s’est fait confectionné une carte de visite l’intitulant « président-recteur » d’un « institut » (en fait une coquille vide servant de pompe-à-fric au nom d’Ibn Sina) ouvert à Lille dans des locaux mis à sa disposition par M. Aubry. Est-ce parce que la maire de Lille était inspirée par la mairie de Paris où l’on préparait à un « institut »-attrape-voix à l’ouverture duquel Béchari a cherché vainement à être associé? En tout cas l’aide de la maire de Lille a permis à Béchari de supporter le choc de son éviction du CFCM, qui a été demandée par le nouvel ambassadeur du Maroc lequel devait avoir de sérieuses raisons d’exiger la mise à l’écart de celui qui se glorifiait d’avoir « gagné » les élections de 2004, et se faisait passer pour le chantre de « l’Islam de France », en dépit de ses liens avec toute sorte d’officines éloignées de la religion et admises officieusement à s’occuper des musulmans en France.

La collaboration entre Avicenne et l’IIIT a tourné court quand le directeur de ce dernier centre  s’est aperçu que l’enseignement et la recherche intéressent fort peu du tout nouveau « président-recteur »(sic) qui n’admet pas qu’on s’intéresse aux questions financières, ni aux objectifs réels de ses fréquents déplacements payés par des Lybiens intéressés sur le tard par les usages occultes du religieux à d’autres fins.

Il y aurait à narrer aussi l’amusant passage de « l’espace d’expression scientifique de l’Islam » au projet plus modeste d’enseignement de la « civilisation française » aux imams et aux diplomates comme ceux de …Mongolie. Un autre politiste islamisant, qui lors de son séjour à Strasbourg, a pris la mesure des sourdes oppositions au projet de faculté de Théologie musulmane, a participé à l’adoption de ce profil bas en conseillant de confier aux CRCM l’initiation des imams à la « civilisation française » qui aurait été financée par l’ex-FASILD… Mais les membres cooptés des CRCM s’intéressent infiniment plus à la taxe halal et aux commissions sur le pèlerinage qu’à la vie de l’esprit. Et ce n’est pas leurs interlocuteurs politico-administratifs qui les découragent dans le choix de cette singulière échelle des valeurs…

La révision en baisse des premiers projets d’Arkoun a retenu l’attention des responsables du modeste « institut » de la mosquée. L’ex-avocaillon de l’ambassade, de plusieurs consulats, et du centre culturel algérien avait essayé d’utiliser le prestige d’Arkoun pour persuader l’Intérieur d’attribuer le monopole de l’initiation des imams à la civilisation française à cet « institut » qui peine à passer de l’amateurisme au professionnalisme depuis son inauguration en grande pompe par Pasqua en 1993. Mais le grand islamologue, excédé par les obstructions à répétition, a eu avec le directeur du bureau central des cultes des échanges qui ont contrarié les desseins l’ex-candidat à la succession du recteur. Pour punir l’illustre invité de ne pas s’être prêté à ces manœuvres dignes de Béchari, l’avocaillon, qui sévit aussi à l’émission islamique de France 2, a ordonné de bloquer la diffusion d’un des enregistrements faits avec Arkoun. L’échec de cette petite opération a dissuadé l’avocaillon de se mêler des affaires de « l‘institut ». Les procès, comme celui récemment perdu aux prud’hommes où le centre culturel algérien a été condamné pour licenciement abusif d’un petit employé, et la Fondation qu’il essaie de monter pour mieux saboter celle créée par Dominique de Villepin, laissent peu de temps à cet « entrepreneur » arrivé dans les circuits de l’Islam en France par des voies qui mériteraient d’être révélées un jour. Cela a soulagé le discret directeur de cet « institut », qui ne cache néanmoins pas son ambition de succéder à Dalil, et va jusqu’à solliciter le soutien d’un nouvel attaché militaire d’une ambassade arabe... C’est plus pour cette recherche des alliances, que pour des raisons pédagogiques, qu’il a fait appel aux compétences d’un ancien employé du bureau central des cultes pour initier les futurs cadres religieux au droit européen des religions. Mais le départ avec Boubakeur à Alger, en mai dernier, de ce bon connaisseur des questions de « l’Islam transplanté » pour négocier l’arrivée d’un autre groupe d’imams non-francophones a permis de vérifier que « l’institut » de la mosquée a beaucoup de mal à former les cadres religieux français tant attendus. Cette visite rendue au ministre algérien des affaires religieuses qui veut venir à la mosquée de Paris, a été interprétée comme une caution française au maintien de Boubakeur à son poste, jusqu’à ce que les circonstances permettent son remplacement par Gholamallah.

Dans cette mascarade –dont la révélation était souhaitée par le regretté M. Arkoun - seul Dahmane a su garder sa « dignité » (si l’on ose dire). Il s’est en effet abstenu d’ajouter à la confusion- alors qu’il n’hésitait pas à s’accrocher à l’Islam pour essayer de rebondir après ses revers politiques et ses déboires judiciaires. Son assagissement a été payant puisqu’il est devenu le seul non-bachelier à être propulsé « inspecteur de l’enseignement ». Avec la même discrétion, il s’est rendu récemment jusqu’en Chine, où le prophète recommande d’aller pour rechercher la Science… Mais  l’intéressé ne semble pas particulièrement soucieux de se conformer au hadith du Prophète. Ses déplacements auraient plutôt des objectifs analogues à ceux de Béchari, qui, pour impressionner ses interlocuteurs orientaux, n’hésite pas à former son numéro, en leur expliquant que l’ami appelé est le  « représentant du président de la République » !!!

Quant aux responsables politiques actuels, on est bluffé par la grande rapidité avec laquelle ils ont imposé un enseignement des plus utilitaristes sur la « finance islamique ». Cet empressement n’a d’égal que le désintérêt total pour les projets d’enseignement et de recherche sur l’Islam. Leurs sabotages répétés par des politiques- préférant de loin les mensonges, les manœuvres et les médiocrités des « grands caïds » aux exigences intellectuelles d’Arkoun- obligent les jeunes des banlieues désireux de suivre des études islamiques à se rendre jusqu’à Peshawar. Nul doute que les électeurs musulmans bien informés se détermineront en fonction de cet aspect de l’Islam en France au lieu de la flagornerie des « grands caïds » qui va de pair avec les flatteries des politiques encore intéressés par le seul « vote musulman », et qui n’hésitent parfois pas à essayer de rentabiliser électoralement l’islamophobie. Celle-ci ne sera jamais sérieusement combattue par des dispositions pénales tant que le vote sécuritaire sera convoité par des pouvoirs désireux d’utiliser la peur pour essayer de dissimuler la maigreur de leur bilan.

Le 14 octobre 2010
Sadek SELLAM, Historien de l'Islam contemporain et auteur du "La France et ses musulmans : Un siècle de politique musulmane (1895-2005)"

 

 

Commentaires  

 
+8 #6 fadela rodriguez 2010-10-23 16:28 Cher SS. Puisqu'il faut crever l'abcès de mes "chicayas", je vais être tout à fait claire : votre article est long, ennuyeux et, comme toujours, délateur. Il n'y a pas grand monde qui trouve grâce à vos yeux. Vous ne cherchez d'ailleurs clairement qu'à nuire à et à détruire ceux qui ont su mieux que vous tirer les marrons du feu. Exception pourtant, curieusement, pour ces musulmans de façade (en phonétique aussi) et ces orientalistes, morts ou vifs, que vous portez aux nues et que vous épargnez sans doute parce qu'ils appartiennent à votre caste. Par ailleurs, est-ce encore un secret que vous tirez vos informations des services spéciaux des deux côtés de la méditerranée avec lesquels vous entretenez de trop bons contacts ? Pas de quoi se vanter. Citer
 
 
+7 #5 cojon muelle 2010-10-22 19:48 Multi-citer Sadek SELLAM:
"Votre réaction se limite à des attaques aussi méchantes que bêtes contre ma personne et n'aborde aucun aspects des contenus de mon article.
Je vous propose de contrôler vos nerfs, et d'exprimer clairement vos chicayas, avec des arguments rationnels si possible. Je vous promets d'y répondre.
car si vous piquez une crise de nerfs à chacune des approbations de mon texte par un internaute, vous allez vous faire beaucoup de mal à vous-mêmes…"
Multi-citer fadela rodriguez:
Multi-citer Fouad:
C'est toujours un plaisir de lire Sadek salam. Son savoir et sa grande connaissance sont précieuses et le vieux sage n'a pas fini de dévoiler ses secrets !

Drôle de sage qui fréquente plus les orientalistes, les agents troubles du FLN, les politiques déchus et les musulmans à pratique plus que modérée que les mosquées. Il se contente de critiquer ceux qu'il jalouse, et qui ne valent guère mieux, au lieu de faire quoi que ce soit de constructif pour sa communauté. Mais il doit être le chouchou de l'UAM93 puisque les critiques à son encontre concernant son style "lourdingue" et fumeux sont censurées.

On se demande si c'est bien lui qui a écrit cet article. Avec une faute d'accord (aucun aspects), une répétition (nerfs) et une faute de style (vous faire beaucoup de mal à vous-même) en 6 lignes, c'est pas fort pour un écri…vain. Un à zéro pour Fadéla hors jeu pour Sadek. S'il pète les plombs, c'est que l'autre a sans doute raison.
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-11 #4 Sadek SELLAM 2010-10-22 02:52 "Votre réaction se limite à des attaques aussi méchantes que bêtes contre ma personne et n'aborde aucun aspects des contenus de mon article.
Je vous propose de contrôler vos nerfs, et d'exprimer clairement vos chicayas, avec des arguments rationnels si possible. Je vous promets d'y répondre.
car si vous piquez une crise de nerfs à chacune des approbations de mon texte par un internaute, vous allez vous faire beaucoup de mal à vous-mêmes…"
Multi-citer fadela rodriguez:
Multi-citer Fouad:
C'est toujours un plaisir de lire Sadek salam. Son savoir et sa grande connaissance sont précieuses et le vieux sage n'a pas fini de dévoiler ses secrets !

Drôle de sage qui fréquente plus les orientalistes, les agents troubles du FLN, les politiques déchus et les musulmans à pratique plus que modérée que les mosquées. Il se contente de critiquer ceux qu'il jalouse, et qui ne valent guère mieux, au lieu de faire quoi que ce soit de constructif pour sa communauté. Mais il doit être le chouchou de l'UAM93 puisque les critiques à son encontre concernant son style "lourdingue" et fumeux sont censurées.
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+14 #3 fadela rodriguez 2010-10-20 07:09 Multi-citer Fouad:
C'est toujours un plaisir de lire Sadek salam. Son savoir et sa grande connaissance sont précieuses et le vieux sage n'a pas fini de dévoiler ses secrets !

Drôle de sage qui fréquente plus les orientalistes, les agents troubles du FLN, les politiques déchus et les musulmans à pratique plus que modérée que les mosquées. Il se contente de critiquer ceux qu'il jalouse, et qui ne valent guère mieux, au lieu de faire quoi que ce soit de constructif pour sa communauté. Mais il doit être le chouchou de l'UAM93 puisque les critiques à son encontre concernant son style "lourdingue" et fumeux sont censurées.
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-12 #2 Fouad 2010-10-20 02:49 C'est toujours un plaisir de lire Sadek salam. Son savoir et sa grande connaissance sont précieuses et le vieux sage n'a pas fini de dévoiler ses secrets ! Citer
 
 
-12 #1 Farida 2010-10-20 01:48 Très bon papier.
Cela manque un peu de noms et de dates, mais j'imagine que l'ami est prudent, ce que je comprends, le suicide n'est pas nécessaire pour faire un bon travail.
Il n'a épargné personne, certes, mais ce qui compte c'est qu'il ait justement traité chacun pour ce qu'il a fait.
Encore bravo pour ce papier.
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