| A nos anciens combattants : «Nous n’oublierons jamais» |
| Écrit par Ilyess | |||
| Samedi, 19 Mai 2012 23:33 | |||
|
Le hasard a voulu que je sois invité, en 2006, à la cérémonie de commémoration du 90ème anniversaire de la « Bataille de la Somme » (Nord de la France) ; inscrite dans les annales militaires comme l’une des batailles les plus meurtrières qu’a connue l’Europe (1 060 000 victimes, 442 000 morts ou disparus). Je garde de cette visite, et de celles qui ont suivi, un souvenir indélébile. La visite des différents lieux de mémoire (musés, cimetières, mémorial, nécropoles) qui jalonnent les champs de cette bataille (villes d'Albert, Péronne et Bapaume.) ne laisse, en effet, personne indifférent. Elle suscite une émotion particulière. C’est le recueillement et le silence qui s'imposent devant ces milliers de stèles de soldats de cultures, d’origines et de confessions différentes, côte à côte, unis dans la mort après avoir partagé les conditions inhumaines des tranchés et les atrocités d’une guerre, la première, faite au nom d’une prétendue supériorité militaire et culturelle. Une phrase gravée à l’entrée de l’une des nécropoles qui dit : "Nous n’oublierons jamais", me revient aujourd’hui à l’esprit et m’interpelle en ce jour de commémoration du 67ème anniversaire du 8 mai 1945 (acte de capitulation de l'Allemagne nazie devant les armées alliées). Autre guerre (la seconde) autre sacrifices. En ces lieux de mémoire où la fraternité et la solidarité sont gravées à jamais dans le marbre, où le récit du courage des combattants musulmans impose le respect, les discours xénophobes et lepénistes, les lois discriminatoires qui fusent en France, apparaissent dérisoires et malvenues. Loin de ces lieux de mémoire et ces champs de bataille, ce sont d’autres considérations et réalités, politiques et électorales, qui prévalent. L’immigré, c’est d’abord l’éventail que l’extrême droite brandit pour semer l’inquiétude, la haine et le trouble dans les cœurs et les esprits. C’est la « figure » inquiétante du déviant, du terroriste, de l’islamiste, de l’assisté, que les médias mettent en exergue et scène pour faire de l’audimat. Les élections législatives des 10 et 17 juin prochain sont décisives à plus d’un titre, eu égard à la situation paradoxale et inacceptable de nos anciens combattants et Seniors, OS des usines de Renault-Peugeot ou ouvriers des mines du Nord. C’est l’occasion de rappeler aux partis et aux politiciens français, de tous bords, les injustices qui leurs sont faites sur ce sol français pour lequel ils ont combattu et tant donné pour qu’il retrouve, en 14-18 comme en 39-45, son honneur et assure sa prospérité. Bon an mal an, les combattants africains ont laissé sur les champs de bataille plus de 100.000 morts au combat ou par maladie (36.000 Nord-africains et 30.000 Africains noirs). N’oublions donc jamais ce qu’ils ont enduré comme souffrance dès juillet 1916, lors de la terrible « Bataille de la Somme », durant l’été 1918 à Château-Thierry, dans le bois de Courtons (10ème D.I. Coloniale), sur la montagne de Reims (1er Corps d’Armée Coloniale) et pendant l’offensive Mangin (R.I.C.M.), MRAIZIKA Mohammed
|