NouvelObs : dans Homs assiégé, le témoignage d'un chirurgien français
Écrit par Ilyess   
Jeudi, 23 Février 2012 03:53

A plus de 70 ans, le chirurgien français Jacques Bérès opère à Homs, cette ville dont des quartiers entiers sont en train d'être rasés par l'armée syrienne. Co-fondateur, en 1971, de Médecins sans Frontières dont il fut président par deux fois, il est parti une nouvelle fois sur le terrain. Avec cette fois les ordres de mission de deux associations : France-Syrie démocratie et l'Union des associations musulmanes de la Seine-Saint-Denis (UAM-93).

Alors que deux journalistes occidentaux sont morts ce mercredi dans le quartier de Bab Amro lors d'un bombardement, Jacques Bérès témoigne de la situation dans la ville.

Même via un téléphone satellitaire, la communication est difficile. Le son parfois métallique, accompagné par les bombardements, laisse entendre une voix traînante. Celle d'un homme épuisé par vingt jours passés sur le terrain.

Cela fait maintenant une vingtaine de jours que vous êtes à Homs pour soigner des blessés, comment allez-vous ?

- C'est très dur, nous avons beaucoup de morts, surtout hier où nous avons eu huit décès parmi nos patients, dont deux enfants. Aujourd'hui, nous n'en avons eu que deux… Il y a très peu d'eau, pas moyen de faire de l'eau chaude, pas moyen de prendre une douche. On ne dort pas. C'est dur, très fatigant! Et maintenant je ne crois pas que je puisse partir ni par un côté de la ville, ni de l'autre. Nous avons essayé hier de transférer tout l'hôpital vers Damas mais nous avons été arrêtés sur la route, il y a des gens qui ont été tués.

L'hôpital a été transféré deux fois déjà par mesure de sécurité, notamment quand nous avons été touchés par des tirs. Mais nous sommes toujours à quelques centaines de mètres de Bab Amro, dans une école abandonnée que nous avons transformée en hôpital de campagne.

Cela fait maintenant une vingtaine de jours que je suis là, je suis bien fatigué. Je pensais rentrer demain et j'avais un transport organisé, mais il semble qu'il n'y ait plus de possibilité de sortie.

Avez-vous été informé de la mort de journalistes ce matin à Homs ?

- On m'a dit cela. Mais je n'ai pas vu les corps. On m'a dit qu'ils étaient morts dans l'effondrement d'un immeuble.

A quoi ressemble le quartier de Bab Amro ?

- Cela commence à ressembler à Beyrouth pendant la guerre. Il y a des voitures qui flambent, des immeubles qui flambent, des trous dans les murs des maisons et beaucoup, beaucoup de blessés, à la fois des combattants de l'armée libre de Syrie mais majoritairement des civils, hommes, femmes et enfants. Ils n'arrivent pas à évacuer la partie fragile de la population… Ces hommes sont très braves et croient en la victoire. Moi aussi, mais cela coûte tellement cher en vies humaines ! Le quartier est presque sans arrêt bombardé.

Les habitants parviennent-ils à se faire soigner ?

- Ils se débrouillent, ils sont formidables. Non seulement ils amènent leurs blessés depuis Bab Amro mais ils les remmènent aussi. On les soigne aussi vite que possible. Les cas légers repartent debout [les tirs recommencent non loin de Jacques Bérès, NDLR] avec des doses d'anesthésiant incroyables dans le corps. Et les cas lourds repartent au bout de quelques heures, sans histoires. Il y a une solidarité vraiment formidable.

Dans quelle structure opérez-vous ?

- C'est un hôpital de fortune. Il n'y a qu'une seule salle d'opération qui tourne tout le temps. Nous sommes trois chirurgiens. [Il s'interrompt] Ça va tomber ! [On entend le souffle d'une bombe. Quasiment imperturbable, il reprend.] Il n'y a plus beaucoup d'anesthésiants et s'il n'en arrive plus clandestinement depuis l'étranger cela va être difficile.

De quoi souffrent les blessés ?

- Il y a tous types de blessures. Mais les blessés simultanément aux poumons et à la tête n'ont aucune chance de survivre. Et pour ceux qui ont la colonne vertébrale touchée, c'est difficile…  Je viens d'avoir un homme avec la moitié du crane arrachée... Les blessures sont dues à la fois aux bombardements, explosions, shrapnel [obus contenant des balles, NDLR].

Quelle est la situation humanitaire ?

- Il n'y a plus grand-chose : plus beaucoup de nourriture, plus beaucoup d'eau, et il n'y a plus d'électricité pour pomper. Il y a bien des générateurs, mais plus personne n'a de fioul pour les alimenter. La situation médicale et humanitaire est vraiment très difficile, il y a un véritable acharnement.

Source : NouvelObs

 

 

Commentaires  

 
+3 #2 Islam Right 93 2012-02-25 07:47 Bonjour/selam,

A qui doit on faire confiance?

Se faire assassiner par les balles militaires de béchar el assad s'est produit au moins plusieurs centaine de fois, comme avec son père d'ailleurs, comme également avec jamel abdel nasser etc!

Même si l'idiot de Cheikh Saïd Ramadan El Boutih tarde (ou n'a pas) à condamner ce régime militarodictatu ral..alors que le trois-quart des savants non-corrompus par les pouvoirs en place…ont largement condamné ce KAFFER qui ordonne de tuer de pauvres innocents… impunément..

..Islamiquement parlant, c'est amplement suffisant pour se révolter contre ce pouvoir et même demander de l'aide aux pays non-musulmans pour faire dégager cette famille de sectaires,.. chiens accrochés à leurs places..Qu'Allah maudit ce régime sectaire et les sionistes également(manip ulateurs).. AMINE

Wa selam
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-3 #1 Farid77 2012-02-25 01:24 bonsoir
conneries de premier ordre et vous croyez à tous ce remue menage, pourquoi vous ne vous posez pas les vraies questions et depuis quand le nouvel obs est un magasine fiable, désolant , les musulmans vous etes pathétiques.
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